La première fois que j'ai utilisé un shampoing solide, j'étais sceptique. J'avais l'impression de revenir à une barre de savon des années 1950. La mousse ne venait pas immédiatement, le geste n'était pas instinctif, et je ne savais pas vraiment si mes cheveux allaient se retrouver propres après rinçage.
Je vais commencer par une confession qui va sans doute résonner chez beaucoup d'entre vous: j'ai eu, à un moment de ma vie, une routine de soin en dix étapes. Huile nettoyante, nettoyant moussant, exfoliant chimique, tonique, essence, sérum, crème, SPF et j’en passe. J'étais alors étudiante en chimie, passionnée par les produits cosmétiques, j’avais du temps et je voulais tester, comprendre, observer.
Quand je parle à des amis de mon travail, je leur parle parfois de fermentation. Inévitablement, leur premier réflexe est de penser au yaourt ou à la bière. Ce n'est pas si loin de la vérité: la biotechnologie utilisée en cosmétique et en parfumerie repose sur les mêmes principes fondamentaux que la fermentation alimentaire. Utiliser des microorganismes (bactéries, levures, champignons) pour transformer des matières premières en composés aux propriétés nouvelles et souvent supérieures. C'est une technologie millénaire que la beauté réinvente aujourd'hui avec les outils de la biochimie moderne.