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Là où tout a commencé

Il y a une chose que je ne vous ai peut-être jamais vraiment raconté en détail ici: avant de me transformer en analyste des marques de beauté et en exploratrice de rituels coréens en 10 étapes, j'ai fabriqué mes propres cosmétiques. Avec mes mains, dans ma cuisine, à partir d'ingrédients que je pesais au gramme près. Et c'est précisément cette expérience qui est à l'origine de tout ce que vous lisez sur ce site aujourd'hui.

Revenons en 2017. J'étais alors étudiante-ingénieure en chimie, au beau milieu de mon année de césure en Angleterre. C'est là-bas, sur le littoral sud-est anglais, que j'ai croisé pour la première fois le fucus vésiculeux, une algue brune d'apparence assez banale, accrochée aux rochers, que la plupart des gens enjambent sans y accorder le moindre regard. Moi, j'avais lu quelque chose à son sujet, et j'avais été intriguée.

Le fucus vésiculeux, c'est en réalité une petite mine d'or cosmétique: des vertus anti-âge, hydratantes, anti-oxydantes et apaisantes, le tout dans une algue qu'on trouve sur n'importe quelle plage du nord de l'Atlantique. J'ai ramené des échantillons, j'ai commencé à formuler, et quelques mois plus tard, j'avais une gamme entière.

Ce que j'ai fabriqué, concrètement

Je ne suis pas peu fière de vous dire que cette première gamme (que j'avais baptisée Nirvanee, comme ce site), comprenait six produits. Une crème onctueuse hydratante et cicatrisante pour le visage, un savon surgras et exfoliant avec de l'huile d'olive et des fleurs, un masque teint éclatant à l'argile rose, un lait adoucissant pour le corps, une huile parfumée exotique avec des boutons de roses séchées et du gingembre, et même une bougie relaxante à la cire de soja. Le tout formulé uniquement avec des ingrédients naturels et issus de l'agriculture biologique.

Pour vous donner une idée de l'état d'esprit dans lequel j'étais: je pesais mes ingrédients au dixième de gramme près et je notais les pourcentages de chaque composant comme si je rendais un rapport de TP. Ce qui, au fond, n'était pas très loin de la vérité. J’essayais ensuite tous mes produits, je les notais sur 5 selon plusieurs critères (texture, odeur, étalement, etc.) puis je les reformulais afin de les améliorer le plus possible, jusqu’à arriver au produit parfait. 

Les cosmétiques que je formulais étaient destinés à mon utilisation personnelle, le but n’était pas de les vendre mais d’en apprendre le plus possible sur cet univers.

Ce que cette expérience m'a appris

Formuler ses propres cosmétiques, c'est probablement la meilleure école qui soit pour comprendre ce qui se cache derrière une étiquette. Quand vous avez vous-même intégré 35% de fucus réhydraté dans une crème, 15% d'huile végétale et 0,3% de conservateur, vous regardez les listes INCI avec des yeux complètement différents. Vous savez que l'ordre des ingrédients n'est pas anodin, que les pourcentages ont une importance capitale, et que derrière chaque ingrédient de la liste INCI se cache un ingrédient avec une fonction bien précise.

C'est cette curiosité des formules, née de cette aventure DIY, qui est devenue le fil conducteur de Nirvanee aujourd'hui. Quand je vous parle de la différence entre une essence et un sérum dans le rituel coréen, je me replonge toujours un peu dans cet état d'esprit de formulatrice.

Et si vous voulez voir de vos propres yeux ?

Le site de cette époque existe toujours. Je l'ai gardé en ligne, tel quel, comme une archive et je l'admets, avec un brin de nostalgie. Vous pouvez le retrouver sur archives.nirvanee.com. Les fiches produits y sont toutes, avec les compositions complètes. C'est un peu ma madeleine de Proust cosmétique.

Qui sait, peut-être que ça vous donnera envie, à vous aussi, de commencer à formuler ? Après tout, les plus belles histoires de l'industrie de la beauté ont toutes commencées dans une cuisine.